Dans un précédent article, nous avions classé par difficulté des pièces de piano classique. Cette fois, nous avons établi un classement de difficulté consacré uniquement aux œuvres pour piano de Chopin.
Comme précédemment, ce classement se fonde sur notre propre jugement et nos préférences, et ne doit donc pas être considéré comme un critère absolu.
Plutôt que d’y chercher une précision absolue, prenez-le comme un guide sans prétention, qui vous fera peut-être dire : « Tiens, cette pièce existe ! »
Frédéric Chopin (1810–1849), compositeur et pianiste polonais installé à Paris, a écrit presque exclusivement pour le piano : valses, mazurkas, nocturnes, préludes, études, ballades, polonaises… Son répertoire va de petites pièces accessibles aux débutants jusqu’à des œuvres parmi les plus exigeantes du piano.
Article précédent : Classement de difficulté des pièces de piano classique (1–10) ! (Débutants & Avancés)
Envie de reprendre les bases avant de vous attaquer à Chopin ? Essayez Beat Fantasia, notre RPG de piano dans le navigateur : on part des comptines pour apprendre à jouer à deux mains, avec un programme d’exercices supervisé par une professeure de piano. Les notes qui tombent vous indiquent quelle touche jouer, et le STEP1 est gratuit.

- Débutant à intermédiaire : 10 pièces de Chopin, de la plus facile à la plus difficile
- N° 1 : Valse n° 19 en la mineur (posthume)
- N° 2 : Mazurka en fa majeur, Op.68-3
- N° 3 : Mazurka n° 5 en si♭ majeur, Op.7-1
- N° 4 : Prélude n° 7, Op.28-7
- N° 5 : Cantabile en si♭ majeur
- N° 6 : Feuille d’album (Albumblatt) en mi majeur
- N° 7 : Nocturne n° 20 en do♯ mineur (posthume)
- N° 8 : Valse n° 6 en ré♭ majeur, Op.64-1 « Valse minute » (« du petit chien »)
- N° 9 : Valse n° 7 en do♯ mineur, Op.64-2
- N° 10 : Valse n° 1 en mi♭ majeur, Op.18 « Grande valse brillante »
- Niveau avancé : 10 pièces de Chopin, de la plus difficile à la moins difficile
- N° 1 : Andante spianato et Grande Polonaise brillante, Op.22
- N° 2 : Ballade n° 4, Op.52
- N° 3 : Étude Op.25-12 « Océan »
- N° 4 : Étude Op.25-11 « Vent d’hiver »
- N° 5 : Étude Op.10-12 « Révolutionnaire »
- N° 6 : Étude Op.10-4
- N° 7 : Scherzo n° 2, Op.31
- N° 8 : Polonaise n° 6, Op.53 « Polonaise héroïque »
- N° 9 : Prélude n° 15 en ré♭ majeur, Op.28-15 « Gouttes de pluie »
- N° 10 : Fantaisie-Impromptu
- Foire aux questions (FAQ)
- Conclusion
Débutant à intermédiaire : 10 pièces de Chopin, de la plus facile à la plus difficile
Remarque : les vidéos sont intégrées depuis YouTube. À part les vidéos qui montrent les notes à jouer, elles n’ont aucun lien avec notre société.
N° 1 : Valse n° 19 en la mineur (posthume)
Comme elle est courte et que la lecture de la partition reste relativement abordable, cette valse est souvent citée comme la porte d’entrée vers Chopin pour les débutants.
Sa mélodie un peu mélancolique est très séduisante : même un débutant peut déjà y goûter la « touche chopinienne » en la travaillant.
Il existe de nombreuses versions simplifiées où la main gauche est allégée. En soignant chaque note, on obtient une interprétation pleine de sensibilité.
N° 2 : Mazurka en fa majeur, Op.68-3
Les mazurkas s’inspirent des danses populaires de la Pologne, pays natal de Chopin. La mazurka op. 68-3, au tempo modéré, reste relativement accessible.
Elle présente une mélodie à la fois lumineuse et un peu nostalgique. Pour souligner le caractère unique de la mazurka, portez une attention particulière aux accents et imaginez un pas dansant, léger et naturel.
Idéale comme première mazurka pour les débutants.
N° 3 : Mazurka n° 5 en si♭ majeur, Op.7-1
La mazurka op. 7-1 fait partie des premières mazurkas de Chopin et dégage la chaleur propre au mode majeur. Son rythme possède une petite « pulsation » bien à lui : une exécution trop métronomique en gâcherait le charme.
Comprendre l’essence de la danse polonaise, faire chanter la mélodie à la main droite et donner de la souplesse à la main gauche renforcera nettement l’« esprit mazurka ».
N° 4 : Prélude n° 7, Op.28-7
Parmi les Préludes Op.28 de Chopin, celui-ci est court, avec une ligne mélodique relativement claire.
On lui attribue parfois un parfum « tropical ». Un toucher délicat et une utilisation précise de la pédale peuvent en révéler les couleurs. Même bref, il recèle la beauté harmonique propre à Chopin, ce qui en fait un excellent exercice d’expressivité pour les débutants.
L’arpège couvrant une large tessiture à la fin nécessitera peut-être des astuces de répartition entre les mains, selon la taille de vos mains.
N° 5 : Cantabile en si♭ majeur
« Cantabile » signifie « chantant ». Cette pièce brève permet de savourer pleinement le génie mélodique de Chopin.
La partition n’est pas chargée et se lit plutôt facilement, mais elle demande un legato soigné et un usage méticuleux de la pédale.
Le titre « Cantabile » insiste sur la nécessité de faire chanter la mélodie, d’où l’importance d’un contrôle précis des doigts et des nuances.
N° 6 : Feuille d’album (Albumblatt) en mi majeur
Une petite pièce que Chopin a écrite à la main dans un album, d’où son nom de « Feuille d’album ».
Son harmonie en mi majeur, d’une clarté cristalline, séduit. Elle demande moins de technique que de finesse d’expression : il faut donner à la mélodie (main droite) toute son émotion, tout en la soutenant doucement de la main gauche.
Comme elle est courte, elle procure vite aux débutants un sentiment de réussite.
N° 7 : Nocturne n° 20 en do♯ mineur (posthume)
Souvent utilisé dans les films et les séries, ce nocturne offre une mélodie d’une profonde tristesse. Même si la partition peut paraître simple, il exige un legato très soigné et une grande expressivité.
Cela dit, il est considéré comme techniquement plus abordable que d’autres nocturnes. Soignez le moment où vous changez de pédale pour éviter un son brouillé.
N° 8 : Valse n° 6 en ré♭ majeur, Op.64-1 « Valse minute » (« du petit chien »)
Parmi les valses de Chopin, elle est l’une des plus célèbres, reconnaissable à sa mélodie charmante.
Elle est assez courte, mais coordonner les traits rapides de la main droite et l’accompagnement léger de la main gauche peut être difficile.
Elle reste néanmoins l’une des valses de Chopin les plus « faciles ». En modérant le tempo, un débutant peut déjà y prendre plaisir.
N° 9 : Valse n° 7 en do♯ mineur, Op.64-2
Issue du même opus 64, cette valse est plus posée et mélancolique.
Sa structure claire et ses nombreuses répétitions la rendent facile à comprendre, mais le traitement des voix intérieures et des accords demande un certain niveau. Jouée plus lentement, elle prend une profondeur qui évoque un nocturne.
Une fois les bases acquises, assouplissez le tempo et ajoutez des nuances pour un rendu plus mûr.
N° 10 : Valse n° 1 en mi♭ majeur, Op.18 « Grande valse brillante »
L’une des premières grandes valses de Chopin, très éclatante. Souvent jouée en concert, elle compte toutefois beaucoup de notes, et il faut un certain temps pour en maîtriser le rythme et l’équilibre entre main droite et main gauche.
Son effet sur scène est en revanche saisissant : c’est un excellent objectif pour les pianistes débutants à intermédiaires qui veulent progresser. Visez une interprétation brillante, pleine d’éclat.
Niveau avancé : 10 pièces de Chopin, de la plus difficile à la moins difficile
N° 1 : Andante spianato et Grande Polonaise brillante, Op.22
L’œuvre s’ouvre en douceur sur l’Andante spianato, puis se déploie en une splendide Grande Polonaise : c’est une pièce majeure de Chopin.
Au-delà de la technique pure, la compréhension du déroulement dramatique et une large palette expressive sont indispensables.
Elle comporte des traits brillants, comparables à ceux de Liszt, qui demandent endurance et virtuosité. Une grande pièce pour les amateurs confirmés de Chopin.
N° 2 : Ballade n° 4, Op.52
On la considère souvent comme la plus difficile des ballades de Chopin. Entre passages subtils et apogée intense, avec ses voix intérieures complexes et ses changements de tempo, elle met à l’épreuve toutes les compétences du pianiste.
Très narrative, elle touche profondément le public, mais en maîtriser la structure et l’interprétation exige un travail technique et artistique considérable.
On retrouve certains motifs issus des études de Chopin ; les connaître aide à mieux l’apprécier, à l’écoute comme au piano.
N° 3 : Étude Op.25-12 « Océan »
Elle doit son surnom d’« Océan » aux arpèges ondoyants des deux mains.
Il faut non seulement rendre un mouvement fluide, comme des vagues, mais aussi faire ressortir la mélodie, ce qui demande un grand contrôle des doigts et de l’endurance.
Doser les nuances est délicat, et la tension ne retombe jamais du début à la fin. Une étude à l’ampleur presque symphonique.
N° 4 : Étude Op.25-11 « Vent d’hiver »
Connue sous le nom de « Vent d’hiver », elle se caractérise par des traits très rapides, en partie chromatiques, à la main droite.
Doigtés complexes, sauts d’octave : garder un rythme stable à un tempo soutenu est un défi majeur.
Son climat harmonique, dramatique, mêle tension et tristesse, et demande à la fois une grande maîtrise technique et une forte expressivité.
N° 5 : Étude Op.10-12 « Révolutionnaire »
L’étude la plus célèbre de Chopin, connue sous le nom de « Révolutionnaire ».
Les traits violents et répétés de la main gauche s’opposent à l’ample mélodie de la main droite. Pour tenir un tempo rapide, l’indépendance des doigts et l’endurance sont indispensables.
Très chargée en émotion, elle ne se joue pourtant pas sur la seule impulsivité : il faut de la précision et un bon équilibre entre les deux mains. Courte, mais intensément dramatique.
N° 6 : Étude Op.10-4
L’une des plus difficiles parmi les premières études de Chopin (op. 10).
Les deux mains enchaînent des traits rapides qui se superposent, et parfois se croisent. Rester net à un tempo élevé demande beaucoup de travail technique.
Il faut en outre garder un son bien égal tout en restant musical : c’est extrêmement exigeant.
N° 7 : Scherzo n° 2, Op.31
Un morceau très apprécié, conjuguant intensité dramatique et style romantique. Après une courte introduction, on plonge dans un thème principal vif, en alternance avec un trio plein de tendresse.
Parmi les difficultés : les passages techniques denses, les successions d’accords et la manière de gérer l’ambiance « agitato ». Étant donné son fort caractère narratif, il faut un équilibre entre interprétation profonde et solide technique.
N° 8 : Polonaise n° 6, Op.53 « Polonaise héroïque »
Communément surnommée « Polonaise héroïque », c’est une œuvre monumentale et spectaculaire de Chopin.
Les octaves enchaînées et les grands sauts de la partie centrale exigent beaucoup de force et de précision. De plus, conserver l’esprit rythmique de la polonaise tout en gardant son caractère imposant demande une technique avancée.
Toujours un sommet en concert, c’est l’une des pièces phares que beaucoup de pianistes rêvent de jouer.
N° 9 : Prélude n° 15 en ré♭ majeur, Op.28-15 « Gouttes de pluie »
L’un des plus connus des Préludes op. 28.
La main gauche répète sans cesse une même note, comme des gouttes de pluie : il faut affiner les nuances pour éviter la monotonie.
La partie centrale devient orageuse et demande une expression forte et précise des émotions. Une pièce pour pianistes avancés, qui exige autant de technique que d’expressivité.
Remarque : la section centrale passe en do♯ mineur ; ré♭ et do♯ désignent la même touche du piano, mais le mode change. L’essentiel est de laisser « chanter » la mélodie tandis que les « gouttes » résonnent en continu.
N° 10 : Fantaisie-Impromptu
Avec sa mélodie féerique et splendide, cette œuvre est très connue : beaucoup l’ont déjà entendue.
La difficulté : les mains droite et gauche jouent en même temps des rythmes différents, ce qui déroute au début.
La section médiane, plus tendre, exige un legato rigoureux et une grande intensité émotionnelle. C’est un exemple typique de l’alliance d’éclat et de mélancolie chez Chopin.
Foire aux questions (FAQ)
Q. Quelle pièce de Chopin jouer en premier ?
R. Dans notre classement, la Valse n° 19 en la mineur (posthume) et la Mazurka en fa majeur op. 68-3 sont les plus accessibles. Courtes et assez faciles à lire, elles permettent de découvrir le style de Chopin sans se décourager.
Q. Quelle est la pièce la plus difficile de Chopin ?
R. Il n’y a pas de réponse unique. Dans notre classement « niveau avancé », l’Andante spianato et Grande Polonaise brillante op. 22 arrive en tête, mais les Études ou la Ballade n° 4 sont aussi souvent citées parmi les plus redoutables.
Conclusion
Voilà donc notre classement de difficulté (10 pièces pour débutants à intermédiaires et 10 pour pianistes avancés) des œuvres pour piano de Chopin.
Après le « Classement de difficulté des pièces de piano classique », nous nous sommes concentrés ici sur les compositions de Chopin.
Nous espérons que vous pourrez apprécier la richesse de la musique de Chopin et passer d’agréables moments au piano !
Remarque : tout ceci reflète uniquement notre vision subjective, et non un critère absolu. La difficulté ressentie peut varier selon les points forts et les points faibles de chacun, et selon l’édition de la partition.
